N°16 / Regards multiples sur des formes et des pratiques sociales de résistances face à l’« insécurité sociale »

Recension/  Les organisations de la société civile au Mexique et en France

Gaborieau EMMA

Abstract

Les organisations de la société civile (OSC) jouent un rôle central dans les démocraties contemporaines. À travers une analyse critique de l’ouvrage de Pablo González Ulloa Aguirre, cet article explore la définition, l’évolution historique, et le cadre juridique des OSC au Mexique, tout en établissant des parallèles avec la situation française. L’étude met en lumière les forces, les fragilités et les défis persistants liés à la reconnaissance et à l’autonomie des OSC, ainsi que les tensions entre société civile, État et marché.

Abstract: Civil society organizations (CSOs) play a central role in contemporary democracies. Through a critical analysis of Pablo González Ulloa Aguirre’s work, this article explores the definition, historical evolution, and legal framework of CSOs in Mexico, while drawing parallels with the French context. The study highlights the strengths, weaknesses, and ongoing challenges related to the recognition and autonomy of CSOs, as well as the tensions between civil society, the state, and the market.

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<p style="text-align:justify">&nbsp;</p> <p align="right" style="text-align:right; margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Par Emma Gaborieau, Master de politique internationale et analyse des transitions &agrave; l&#39;universit&eacute; Nationale Autonome de M&eacute;xico.</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Les organisations de la soci&eacute;t&eacute; civile (OSC) occupent aujourd&rsquo;hui une place centrale dans les dynamiques politiques et sociales des d&eacute;mocraties contemporaines. A travers son ouvrage <i>Las organizaciones de la Sociedad Civil en M&eacute;xico y su reconocimiento legal </i>(Les organisations de la soci&eacute;t&eacute; civile au Mexique y leur reconnaissance l&eacute;gale), Pablo Gonz&aacute;lez Ulloa Aguirre propose une analyse critique du r&ocirc;le de ces derni&egrave;res au sein de la d&eacute;mocratie mexicaine : Gonz&aacute;lez Ulloa Aguirre, P. (2025). <i>Las Organizaciones de la Sociedad Civil en M&eacute;xico y su reconocimiento legal</i>. Gedisa.. Son propos est divis&eacute; en 4 chapitres abordant successivement : la notion d&rsquo;OSC et sa d&eacute;finition, une p&eacute;riodisation historique du concept, le r&ocirc;le jou&eacute; dans la transition d&eacute;mocratique et enfin une &eacute;tude pr&eacute;cise et &eacute;clair&eacute;e de la Loi F&eacute;d&eacute;rale de Fomento aux Activit&eacute;s des OSC (LFFAROSC). Il m&egrave;ne une approche empirique fond&eacute;e sur une vaste documentation. Il vise &agrave; produire une m&eacute;moire d&eacute;mocratique et critique du r&ocirc;le des OSC. Il offre le long de son analyse, une lecture lucide montrant les forces et les fragilit&eacute;s d&rsquo;un processus encore inachev&eacute;. </span></span></span></p> <h3 style="margin-bottom: 11px;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif"><span style="font-size:16.0pt"><span style="line-height:115%">D&eacute;finition et typologie des OSC</span></span></span></span></span></h3> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Dans son premier chapitre, l&rsquo;auteur cherche &agrave; &eacute;tablir la nature, les fonctions et les tensions autour des OSC au Mexique. Il divise son propos en deux parties : la notion m&ecirc;me d&rsquo;organisation de la soci&eacute;t&eacute; civile et ses classifications. Il se base sur un r&eacute;cit fictif : celui de Sofia, &eacute;l&egrave;ve de primaire souhaitant r&eacute;soudre un probl&egrave;me d&rsquo;&eacute;clairage public dans son quartier. Il montre les d&eacute;buts d&rsquo;un processus collectif, un exemple simple et pourtant pertinent. Le propre m&ecirc;me d&rsquo;une OSC est la r&eacute;ponse organis&eacute;e &agrave; une carence institutionnelle. Ce type de mobilisation locale n&rsquo;est pas propre au Mexique. En France aussi, des actions citoyennes sont r&eacute;guli&egrave;rement lanc&eacute;es et peuvent mener &agrave; la formation de groupes institutionnalis&eacute;s. L&rsquo;association &laquo; Voisins Vigilants &raquo; a par exemple, &eacute;t&eacute; fond&eacute; en r&eacute;action &agrave; un sentiment d&rsquo;abandon s&eacute;curitaire dans certaines communes rurales. Par l&rsquo;organisation spontan&eacute;e des habitants, on assiste &agrave; l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;une organisation citoyenne locale. Autrement dit, le passage de l&rsquo;action individuelle, celle de Sofia, &agrave; l&rsquo;organisation collective, celle de l&rsquo;ensemble des habitants. A terme, cette organisation collective peut mener &agrave; son institutionnalisation avec la cr&eacute;ation d&rsquo;une OSC. Gonz&aacute;lez Ulloa propose une d&eacute;finition de base du concept d&rsquo;OSC : une organisation est un rassemblement de personnes autour d&rsquo;objectifs communs (p18)<a name="_ftnref1"></a><a href="#_ftn1" style="color:#0563c1; text-decoration:underline"><sup>[1]</sup></a>. Il vient directement enrichir cette d&eacute;finition par la reconnaissance d&rsquo;obstacles et de tensions structurelles emp&ecirc;chant l&rsquo;organisation citoyenne spontan&eacute;e. Il met en cause la m&eacute;fiance sociale et l&rsquo;individualisme. Pour comprendre la notion d&rsquo;OSC, il faut savoir de quoi rel&egrave;ve celle de soci&eacute;t&eacute; civile. Il la situe comme au-del&agrave; du march&eacute; et du gouvernement<a name="_ftnref2"></a><a href="#_ftn2" style="color:#0563c1; text-decoration:underline"><sup>[2]</sup></a>. Ainsi, la soci&eacute;t&eacute; civile est d&eacute;finie comme un espace d&#39;action collectif et autonome entre &Eacute;tat et march&eacute;, visant la participation citoyenne. En France, cette d&eacute;finition est &eacute;galement mobilis&eacute;e, bien que le terme &ldquo;tiers secteur&rdquo; soit moins institutionnalis&eacute;. Le domaine associatif fran&ccedil;ais est encadr&eacute; par la loi de 1901 mais contrairement au Mexique, leur reconnaissance n&rsquo;est pas subordonn&eacute;e &agrave; une inscription l&eacute;gale sp&eacute;cifique comme le &ldquo;Registro Federal&rdquo;. Afin d&rsquo;&eacute;tayer sa d&eacute;finition, l&rsquo;auteur introduit une typologie fonctionnelle. On compte alors comme constituant de la soci&eacute;t&eacute; civile : les mouvements sociaux, les syndicats et les associations patronales, bien que l&rsquo;appartenance de ces derni&egrave;res &agrave; la soci&eacute;t&eacute; civile est contest&eacute;e car elle sont per&ccedil;ues comme li&eacute;es directement au march&eacute;. La soci&eacute;t&eacute; civile se regroupe l&eacute;galement au sein d&rsquo;organisations et forme les OSC. Les OSC font partie int&eacute;grante du tiers secteur, d&eacute;signant l&rsquo;ensemble des acteurs organis&eacute;s ind&eacute;pendants de l&rsquo;&Eacute;tat et du march&eacute;, avec vis&eacute;e d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t public.</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Bien que le march&eacute;, l&rsquo;&Eacute;tat et les OSC sont trois secteurs apparemment distincts, l&rsquo;av&egrave;nement du lib&eacute;ralisme, semble avoir rendu les fronti&egrave;res plus floues. L&rsquo;auteur explique que les ann&eacute;es 70 et le retrait de l&rsquo;&Eacute;tat auraient particip&eacute; &agrave; la mont&eacute;e des OSC. A tel point que les OSC soient parfois vues comme des agents n&eacute;olib&eacute;raux charg&eacute;es des taches autrefois attribu&eacute;es &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat. Dans les faits, cela semble &ecirc;tre une r&eacute;alit&eacute;, mais l&rsquo;auteur alerte sur l&rsquo;importance de ne pas se contenter de ce constat. La raison d&rsquo;exister des OSC ne peut &ecirc;tre r&eacute;duite au r&ocirc;le d&rsquo;agent de l&rsquo;&Eacute;tat. La soci&eacute;t&eacute; civile est un contrepouvoir face &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat et au march&eacute;. Par cons&eacute;quent, la pluralit&eacute; dans ses expressions, dans ses acteurs et dans ses objectifs, se doit d&rsquo;&ecirc;tre conserv&eacute;e pour prot&eacute;ger les soci&eacute;t&eacute;s d&eacute;mocratiques. En France, la m&ecirc;me p&eacute;riode voit l&rsquo;&eacute;mergence des &ldquo;nouvelles associations&rdquo; militantes : &eacute;cologistes, f&eacute;ministes, droits des immigr&eacute;s. Cependant, le contexte semble diff&eacute;rent. En France ce n&rsquo;est pas le retrait de l&rsquo;&Eacute;tat qui aurait provoqu&eacute; la mont&eacute;e des OSC, mais le rejet de ce dernier. L&rsquo;&Eacute;tat est per&ccedil;u comme conservateur et les organisations en opposition se multiplient. L&rsquo;introduction des OSC dans la notion d&rsquo;&Eacute;tat d&eacute;mocratique donne lieu &agrave; la naissance &agrave; la notion de gouvernance. Autrement dit un nouveau mode d&rsquo;administration impliquant activement la soci&eacute;t&eacute; civile dans la d&eacute;finition des politiques. Le citoyen joue maintenant un r&ocirc;le cl&eacute; dans l&rsquo;&eacute;laboration des politiques publiques. En France, cette logique s&rsquo;exprime &agrave; travers des dispositifs comme le &ldquo;conseils &eacute;conomiques, sociaux et environnementaux r&eacute;gionaux&rdquo; (CESER). Sauf que dans la pratique, ce type d&rsquo;instance n&rsquo;a que tr&egrave;s peu de pouvoir et de capacit&eacute; d&rsquo;influer r&eacute;ellement sur les politiques. La notion de soci&eacute;t&eacute; civile est une notion qui fait d&eacute;bat. Hegel y voyait un espace de d&eacute;veloppement des int&eacute;r&ecirc;ts individuels autonomes (Hegel 1991) alors que Gramsci, un outil d&rsquo;h&eacute;g&eacute;monie culturelle du groupe dominant (Gramsci 1996). La tension se trouve entre consid&eacute;rer la soci&eacute;t&eacute; civile comme un espace de lib&eacute;ration ou un lieu de reproduction id&eacute;ologique. C&rsquo;est pour cela que de nombreuses critiques sont &eacute;mises quant aux &laquo; grandes ONG &raquo; souvent accus&eacute;es de technocratisme. </span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">&nbsp;Le chapitre premier permet d&rsquo;&eacute;laborer une typologie claire des OSC selon leurs caract&eacute;ristiques. L&rsquo;auteur distingue trois types d&rsquo;OSC : d&rsquo;assistance directe (services) , de d&eacute;fense des droits et &agrave; des fins communautaires voire identitaires. Certaines OSC semblent r&eacute;pondre &agrave; un probl&egrave;me quand d&rsquo;autres ont une existence strat&eacute;gique. L&rsquo;auteur fait donc &eacute;voluer la d&eacute;finition initiale qui rapportait les OSC &agrave; la r&eacute;ponse &agrave; une probl&eacute;matique. Si Gonz&aacute;lez Ulloa a pr&eacute;c&eacute;demment &eacute;voqu&eacute; les tensions provoqu&eacute;es par la notion d&rsquo;OSC dans sa globalit&eacute;, la suite du texte d&eacute;montre la pr&eacute;sence de tensions internes. Certaines OSC aux fins strat&eacute;giques, sont impuls&eacute;es au nom de la soci&eacute;t&eacute; civile mais en r&eacute;alit&eacute;, &agrave; l&rsquo;initiative d&rsquo;acteurs &eacute;conomiques ou politiques influents. Ses organisations servent des int&eacute;r&ecirc;ts priv&eacute;s de certains, sont nomm&eacute;s &laquo; OSC fachada &raquo; (OSC de fa&ccedil;ade). Il les d&eacute;finit comme des structures qui adoptent l&rsquo;apparence d&rsquo;un acteur citoyen sans en incarner les valeurs. Outre l&rsquo;usage des OSC &agrave; des fins priv&eacute;es, la professionnalisation du secteur vient fragiliser la cr&eacute;dibilit&eacute; des structures. Ce ph&eacute;nom&egrave;ne trouve un &eacute;cho en France avec la cr&eacute;ation de &ldquo;fondations d&rsquo;entreprise&rdquo; servant parfois d&rsquo;outils d&rsquo;image. De nombreux groupes industriels pr&ocirc;nent un ancrage citoyen fort afin de se valoriser. Ces derni&egrave;res ann&eacute;es les OSC ont laiss&eacute; place &agrave; une bureaucratisation excessive engendrant une perte de lien avec les bases sociales. Or, dans sa d&eacute;finition premi&egrave;re, la place du citoyen au sein de l&rsquo;OSC est centrale. Par exemple, les associations fran&ccedil;aises remettent en cause le passage d&rsquo;une logique de subvention &agrave; celle d&rsquo;appels &agrave; projets. </span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Dans les faits, cela contraint dor&eacute;navant les structures &agrave; se doter d&rsquo;un syst&egrave;me administratif cons&eacute;quent et semblable aux grandes organisations. Ces tensions r&eacute;v&egrave;lent l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; politique et sociale du champ des OSC, ainsi que les dynamiques d&rsquo;exclusion et de hi&eacute;rarchisation internes. Dans la suite de son analyse, l&rsquo;auteur montre que les logiques d&rsquo;hybridation entre la sph&egrave;re &eacute;conomique et la sph&egrave;re civique ne sont pas impossible mais qu&rsquo;elles doivent &ecirc;tre soumises &agrave; un encadrement strict. Il prend l&rsquo;exemple de la collaboration entre les OSC et les entreprises. Il met d&rsquo;abord en garde sur les d&eacute;rives de fa&ccedil;ades mais reconna&icirc;t que les collaborations peuvent &ecirc;tre vertueuses. Il insiste sur la n&eacute;cessit&eacute; de transparence et d&rsquo;objectifs communs l&eacute;gitimes. Ainsi, dans des domaines comme l&rsquo;&eacute;ducation ou l&rsquo;environnement, les bienfaits sont d&eacute;j&agrave; connus. Il poursuit en montrant que la collaboration avec la sph&egrave;re politique est limit&eacute;e mais envisageable si l&rsquo;autonomie des OSC est respect&eacute;e. Il est donc important que les OSC n&rsquo;est pas de liens &eacute;troits avec des partis ou des bases militantes. Dans le cas contraire, de nombreux conflits d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;ts apparaissent. Dans ce chapitre, l&rsquo;auteur s&rsquo;applique &agrave; rendre un rapport nuanc&eacute; et critique sur les OSC. Il ne souhaite pas les id&eacute;aliser. Il montre que malgr&eacute; leur apport civique, leur instrumentalisation &agrave; des fins priv&eacute;es n&rsquo;est pas impossible. Il d&eacute;montre la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;un cadre imposant autonomie, transparence et pluralit&eacute;. </span></span></span></p> <h3 style="margin-bottom: 11px;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif"><span style="font-size:16.0pt"><span style="line-height:115%">&Eacute;volution historique des OSC au Mexique (1960-2000)</span></span></span></span></span></h3> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Dans son second chapitre , l&rsquo;auteur centre son analyse sur la p&eacute;riode 1960 &agrave; 2000. C&rsquo;est loin d&rsquo;&ecirc;tre une p&eacute;riode anodine pour le Mexique, car ce sont 40 ans de r&eacute;gime autoritaire. Il divise cette p&eacute;riode en quatre moments cl&eacute;s afin de comprendre comment se sont implant&eacute;es les OSC. De 1960 &agrave; 1970, la soci&eacute;t&eacute; mexicaine est organis&eacute;e de mani&egrave;re corporatiste suite &agrave; la cr&eacute;ation du PRI (Parti r&eacute;volutionnaire institutionnel). Les grandes conf&eacute;d&eacute;rations cr&eacute;&eacute;es par le r&eacute;gime, ne laissent subsister qu&rsquo;un m&eacute;contentement g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;. Bien que cens&eacute;es garantir la paix, ces derni&egrave;res ne sont fond&eacute;es sur aucun ressort d&eacute;mocratique. La r&eacute;pression &eacute;clate et avec elle de nombreuses r&eacute;voltes, mais rien ne change. Durant cette m&ecirc;me p&eacute;riode, il y a une absence de soci&eacute;t&eacute; civile. Seule les organisations contr&ocirc;l&eacute;es par le r&eacute;gime sont reconnues. En France, les ann&eacute;es 1960 sont marqu&eacute;es par une vie associative relativement calme et peu contestataire. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;&agrave; partir de Mai 68 que l&rsquo;on voit &eacute;merger une soci&eacute;t&eacute; civile plus dynamique et critique. De nombreuses associations, collectifs, comit&eacute;s et mouvements apparaissent. Certains sont aujourd&rsquo;hui encore tr&egrave;s actif au sein de la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise, comme le Planning Familial. Dans son &eacute;tude du syst&egrave;me mexicain, l&rsquo;auteur pr&eacute;sente alors le corporatisme comme un frein &agrave; l&rsquo;autonomie citoyenne. La d&eacute;cennie suivante commence avec le massacre du &laquo; halconazo &raquo; et catalyse la formation de mouvements gu&eacute;rilleros<a name="_ftnref3"></a><a href="#_ftn3" style="color:#0563c1; text-decoration:underline"><sup>[3]</sup></a>. Le r&eacute;gime autoritaire persiste, mais est affaibli. S&rsquo;ouvre alors un courant de participation institutionnelle avec la cr&eacute;ation de syndicats ind&eacute;pendants, de partis d&rsquo;opposition&hellip; Cette mont&eacute;e progressive de contestation trouve un &eacute;cho en France dans la d&eacute;cennie post-1968, o&ugrave; les mouvements f&eacute;ministes, &eacute;cologistes et d&rsquo;extr&ecirc;me gauche s&rsquo;organisent. L&rsquo;ann&eacute;e 1977 signe une r&eacute;forme &eacute;lectorale vue comme le point de bascule vers une ouverture d&eacute;mocratique. De nombreuses organisations autonomes sectorielles voient alors le jour, que ce soit f&eacute;ministes, sur le logement ou encore les droits humains. C&rsquo;est l&rsquo;apparition de structures comme le Movimiento Urbano Popular (MUP) ou encore le Comit&eacute; Eureka. On assiste alors &agrave; une r&eacute;elle autonomisation de la soci&eacute;t&eacute; civile, a priori contr&ocirc;l&eacute;e par le parti place, mais qui permet de nombreux progr&egrave;s. Cependant, c&rsquo;est le tremblement de terre de 1985 qui va &ecirc;tre le point culminant de toutes ces avanc&eacute;es. Face &agrave; l&rsquo;inaction totale du gouvernement, les citoyens se r&eacute;unissent et organisent eux-m&ecirc;mes la reconstruction. La cr&eacute;ation d&rsquo;ONG a permis de donner du pouvoir aux citoyens et de se trouver de nouveaux leaders. La soci&eacute;t&eacute; civile regagne sa l&eacute;gitimit&eacute;, sa cr&eacute;dibilit&eacute; et son autonomie. La France n&rsquo;a pas v&eacute;cu un &eacute;v&egrave;nement jouant un r&ocirc;le de catalyseur mais la succession de catastrophes sanitaires et environnementales, ont nettement aid&eacute; au r&eacute;veil de la soci&eacute;t&eacute; civile. Les ann&eacute;es 90 reconnaissent l&rsquo;utilit&eacute; et le r&ocirc;le des OSC dans la soci&eacute;t&eacute; mexicaine tout en continuant de les contr&ocirc;ler. Entre 1989 et 1994, Salinas met en place le <i>Plan Nacional de Desarrollo</i>. Ce dernier est suivi du programme Solidaridad. Mais ces tentatives d&rsquo;int&eacute;grer les OSC au centre de la soci&eacute;t&eacute; mexicaine, apparaissent davantage comme des tentatives d&rsquo;apaiser le m&eacute;contentement ambiant au sein du pays. Le changement ne put s&rsquo;effectuer au niveau national mais est en marche au niveau local. Des lois de <i>fomento </i>sont adopt&eacute;es dans certains &Eacute;tats, ce qui signe l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;un cadre l&eacute;gal dans les ann&eacute;es 1990. Bien que lent, le processus est lanc&eacute; et est confirm&eacute; par la mise en place de lois f&eacute;d&eacute;rales &agrave; partir de 2004. En France, les ann&eacute;es 90 marquent une phase de structuration renforc&eacute;e des associations, avec la cr&eacute;ation du &quot;Conseil national de la vie associative&quot;. Toutefois, contrairement au Mexique, l&rsquo;institutionnalisation ne passe pas par une loi nationale mais plut&ocirc;t par une s&eacute;rie de dispositifs de subventions, agr&eacute;ments, ou contrats associatifs locaux. En somme, l&rsquo;instauration d&rsquo;un cadre l&eacute;gal permet d&rsquo;asseoir la cr&eacute;dibilit&eacute; d&rsquo;une organisation et son poids dans la soci&eacute;t&eacute;. De m&ecirc;me, leur l&eacute;gitimation semble passer par la reconnaissance du pluralisme mais reste fragile face &agrave; l&rsquo;ambigu&iuml;t&eacute; l&eacute;gislative. Les OSC ont jou&eacute; un r&ocirc;le cl&eacute; dans la transition &eacute;lectorale mexicaine. Grace &agrave; des initiatives comme <i>El Poder Ciudadano</i>, avec la mobilisation de plus de 600 OSC, les &eacute;lections pr&eacute;sidentielles ont directement &eacute;t&eacute; impact&eacute;es. En France aussi les OSC ont grandement pos&eacute; dans la transition d&eacute;mocratique. De nombreuses associations ont plaid&eacute; pour la transparence &eacute;lectorale ou encore une red&eacute;finition des relations entre repr&eacute;sentant et repr&eacute;sent&eacute;. Cependant, cela fut moins structurant que le mouvement <i>El Poder Ciudadano</i> au Mexique. Ainsi, les OSC deviennent des acteurs du changement d&eacute;mocratique, combinant mobilisation citoyenne et insertion institutionnelle. Cependant, ces derni&egrave;res ne naissent pas du consensus mais du conflit. La perte de l&eacute;gitimit&eacute; du PRI et le m&eacute;contentement g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; a largement profit&eacute; &agrave; l&rsquo;expansion des OSC au Mexique. En France, le poids des OSC n&rsquo;a pas grandi en r&eacute;ponse &agrave; un contexte autoritaire, mais en opposition &agrave; un &Eacute;tat per&ccedil;u comme paternaliste ou technocratique. </span></span></span></p> <h3 style="margin-bottom: 11px;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif"><span style="font-size:16.0pt"><span style="line-height:115%">Le cadre juridique mexicain et ses limites</span></span></span></span></span></h3> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Apr&egrave;s l&rsquo;alternance d&eacute;mocratique des ann&eacute;es 2000, le Mexique &eacute;labore un cadre juridique plus pouss&eacute; concernant les OSC. Apr&egrave;s 70 ans au pouvoir, le PRI perd les &eacute;lections face au PAN, et une nouvelle &egrave;re s&rsquo;ouvre. En France, il n&rsquo;y a pas eu d&#39;alternance aussi radicale. Cependant, l&rsquo;arriv&eacute;e de la gauche au pouvoir en 1981 a &eacute;galement marqu&eacute; un moment d&rsquo;ouverture vers les mouvements associatifs. Le PAN a des liens forts avec de nombreuses OSC, notamment religieuses. Du c&ocirc;t&eacute; fran&ccedil;ais, certes les partis politiques peuvent entretenir des liens avec le monde associatif mais sans jamais franchir les limites de la la&iuml;cit&eacute;. Une fois le processus lanc&eacute; au Mexique, celui-ci s&rsquo;av&egrave;re particuli&egrave;rement lent. Le 15 d&eacute;cembre 2003, la Chambre des d&eacute;put&eacute;s approuve la loi dite Ley Federal de Fomento a las Actividades Realizadas por las Organizaciones de la Sociedad Civil (LFFAROSC)<a name="_ftnref4"></a><a href="#_ftn4" style="color:#0563c1; text-decoration:underline"><sup>[4]</sup></a>. Les objectifs sont clairs : promouvoir la participation citoyenne, reconna&icirc;tre l&rsquo;autonomie des OSC et en finir avec le mod&egrave;le corporatiste. Le mandat de Vicente Fox a permis d&rsquo;instaurer un cadre normatif et une premi&egrave;re reconnaissance des OSC. L&rsquo;&eacute;quivalent fran&ccedil;ais d&rsquo;un &ldquo;cadre normatif&rdquo; pour les associations s&rsquo;est surtout renforc&eacute; &agrave; travers la charte des engagements r&eacute;ciproques sign&eacute;e entre l&rsquo;&Eacute;tat et le monde associatif en 2001. Cette charte symbolise une reconnaissance officielle du r&ocirc;le des associations dans la vie d&eacute;mocratique, bien que non contraignante juridiquement. Le mandat de Felipe Calderon lui, met l&rsquo;accent sur le cadre institutionnel et permet la mise en place de financements destin&eacute;s aux OSC. En France, cette logique de renforcement institutionnel s&rsquo;est exprim&eacute;e par le d&eacute;veloppement des &ldquo;appels &agrave; projets&rdquo; via des agences publiques comme l&rsquo;Agence nationale de la coh&eacute;sion des territoires (ANCT). Cependant, c&rsquo;est une logique largement critiqu&eacute;e en France car peu avantageuse pour les petites structures. Dans son analyse, Gonzales Ulloa met en avant un tournant politique emprunt&eacute; par les OSC. Apr&egrave;s certes un processus long, l&rsquo;&Eacute;tat a reconnu formellement la soci&eacute;t&eacute; civile. Cependant, il mentionne que le processus est loin d&rsquo;&ecirc;tre achev&eacute;. Le cas de la France est relativement similaire. Certaines associations critiques du pouvoir, comme Anticor ont vu leur agr&eacute;ment remis en question sous pr&eacute;texte d&rsquo;ind&eacute;pendance insuffisante. En effet, le mandat de AMLO a fragilis&eacute; certaines avanc&eacute;es. L&rsquo;autonomie des OSC reste fragile, et l&rsquo;auteur souligne la nuance entre l&rsquo;existence d&rsquo;une loi et son application. En bref, cette p&eacute;riode est marqu&eacute;e par une hostilit&eacute; gouvernementale envers certaines OSC. Allant m&ecirc;me jusqu&rsquo;&agrave; mettre fin au Programme de Conversion Sociale, laissant des milliers d&rsquo;OSC sans financement. En somme, par l&rsquo;analyse de l&rsquo;auteur nous comprenons que l&rsquo;implantation des OSC dans le paysage mexicain ne s&rsquo;est pas fait d&rsquo;un processus lin&eacute;aire et &eacute;vident. Apr&egrave;s une ascension, l&rsquo;implantation des OSC dans la soci&eacute;t&eacute; s&rsquo;est vue r&eacute;gresser. La reconnaissance et le <i>fomento</i>, ont laiss&eacute; place &agrave; la suppression de financements et &agrave; la m&eacute;fiance. M&ecirc;me conclusion pour la France, si les financements publics ne sont pas supprim&eacute;s frontalement, leur part diminue. Entre 2010 et 2020, les subventions ont baiss&eacute; de 22 %, au profit de financements contractuels et comp&eacute;titifs. </span></span></span></p> <h3 style="margin-bottom: 11px;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif"><span style="font-size:16.0pt"><span style="line-height:115%">Perspectives internationales et enjeux contemporains</span></span></span></span></span></h3> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Enfin, le quatri&egrave;me et dernier chapitre aborde le cadre juridique mexicain impos&eacute; aux OSC et mis en perspective avec les normes internationales. L&rsquo;auteur &eacute;voque que dans un premier temps le cadre fix&eacute; nuisait aux OSC. En effet, la loi fiscale mexicaine de 1989 traitait les OSC comme des entit&eacute;s commerciales, ce qui nuisait &agrave; leur nature associative. D&#39;o&ugrave; le besoin d&#39;une loi sp&eacute;cifique de <i>fomento</i>, plus adapt&eacute;e &agrave; leur r&ocirc;le non lucratif. En France, le r&eacute;gime fiscal distingue clairement les associations &agrave; but non lucratif des entit&eacute;s commerciales. L&rsquo;id&eacute;e que la reconnaissance de l&rsquo;association se fasse dans l&rsquo;aspect non lucratif et non int&eacute;ress&eacute; des actions engag&eacute;es. La LFFAROSC visait &agrave; reconna&icirc;tre juridiquement les OSC et en sp&eacute;cifiant le r&ocirc;le d&eacute;cisif jou&eacute; au sein de la soci&eacute;t&eacute;. Cette loi est n&eacute;e pour donner un statut l&eacute;gal clair aux OSC, les sortir du flou juridique. Alors qu&rsquo;en France le statut des associations d&eacute;pend toujours exclusivement de la loi 1901. Ceci laisse quelques zones de floues quant &agrave; la partie juridique qui sont combl&eacute;es par l&rsquo;ajout de statuts compl&eacute;mentaires. Un cadre qui, bien que fonctionnel, fonctionne en pratique &agrave; g&eacute;om&eacute;trie variable. La loi mexicaine impose la mise en place de structures comme la <i>Comision de Fomento</i> ou le Conseil Technique de consultation (CTC) pour renforcer le cadre juridique. Cependant, le CTC est inactif dans plusieurs &Eacute;tats pour faute de reconnaissance l&eacute;gale. Le constat est similaire avec le Haut Conseil &agrave; la Vie Associative (HCVA) fran&ccedil;ais, qui n&rsquo;a une port&eacute;e que consultative. L&rsquo;objectif du CTC et d&rsquo;un cadre juridique &laquo; clair &raquo; &eacute;tait d&rsquo;affirmer une gouvernance collaborative, mais la mise &oelig;uvre va faire ressortir les limites. L&rsquo;auteur appuie les faiblesses d&rsquo;une telle loi : une insuffisance de fonds, une application ill&eacute;gale selon les &Eacute;tats f&eacute;d&eacute;r&eacute;s et processus administratif est bien trop complexe, donc tr&egrave;s lent. La structure de l&rsquo;&Eacute;tat mexicain n&rsquo;aide pas &agrave; assurer le cadre juridique des OSC. Alors que la France &eacute;tant un &Eacute;tat unitaire et centralis&eacute;, le droit des associations y est plus homog&egrave;ne sur l&rsquo;ensemble du territoire. Au contraire, la d&eacute;centralisation du droit dans un &Eacute;tat f&eacute;d&eacute;ral est un d&eacute;fi. Sans lois locales, les OSC sont sans protection ni acc&egrave;s &eacute;quitable aux fonds et &agrave; la concertation. Mais pour &eacute;quilibrer avec les difficult&eacute;s nationales, il existe un cadre international clair port&eacute; notamment par l&rsquo;ONU. Cela permet de faire contrepoids en cas de d&eacute;rives. C&rsquo;est notamment le cas lorsque des gouvernements tentent de r&eacute;duire l&rsquo;espace civique sous pr&eacute;texte de s&eacute;curit&eacute; ou de lutte contre la corruption. L&rsquo;ONU d&eacute;fend la libert&eacute; d&rsquo;association comme un principe universel et in&eacute;branlable, rappelant &agrave; l&rsquo;ordre les &Eacute;tat qui la contraigne. Cependant, le Mexique avec ses politiques r&eacute;centes, s&rsquo;&eacute;loigne de normes internationales. On le constate avec la mise en place de restrictions sur les financements &eacute;trangers ou de r&eacute;formes fiscales. Ainsi, on constate que la LFFAROSC a &eacute;t&eacute; une avanc&eacute;e majeure en termes de reconnaissance des OSC au Mexique, mais que son application porte toujours de nombreuses failles. L&rsquo;auteur souligne l&rsquo;importance de renforcer le cadre au niveau local, de s&rsquo;aligner avec les normes internationales et surtout la n&eacute;cessit&eacute; de prot&eacute;ger l&rsquo;autonomie financi&egrave;re et politique des OSC.</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">En somme, l&rsquo;&eacute;tude du d&eacute;veloppement des organisations de la soci&eacute;t&eacute; civile au Mexique, &agrave; travers les quatre chapitres du livre de Gonz&aacute;lez Ulloa, met en lumi&egrave;re un processus ni lin&eacute;aire ni achev&eacute;. Entre autoritarisme, mobilisations populaires et r&eacute;formes partielles, le processus reste fragile. La loi LFFAROSC a permis une premi&egrave;re reconnaissance juridique des OSC. Mais son application reste incompl&egrave;te, in&eacute;gale selon les &Eacute;tats, lente et parfois d&eacute;tourn&eacute;e. La structure f&eacute;d&eacute;rale, les failles administratives et le manque de volont&eacute; politique freinent sa port&eacute;e r&eacute;elle. Aujourd&rsquo;hui, le contexte politique accentue ces limites. Certaines OSC sont mises &agrave; l&rsquo;&eacute;cart, les financements disparaissent, la confiance se brise. Derri&egrave;re les textes, c&rsquo;est leur autonomie qui est en jeu. La comparaison avec la France permet de nuancer. Le cadre y est plus souple, plus ancien, et moins contr&ocirc;l&eacute;. Pourtant, l&agrave; aussi, les associations subissent des pressions. Moins visibles, plus indirectes. Les financements diminuent, les crit&egrave;res se complexifient, la place du citoyen se r&eacute;tr&eacute;cit. Dans les deux cas, un m&ecirc;me enjeu se dessine : garantir aux OSC une r&eacute;elle libert&eacute; d&rsquo;action. </span></span></span></p> <h3 style="margin-bottom: 11px;"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif"><span style="font-size:16.0pt"><span style="line-height:115%">Bibliographie </span></span></span></span></span></h3> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Anticor. (2023). <i>Suspension de l&rsquo;agr&eacute;ment &ndash; communiqu&eacute; de presse</i>.</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Attac France. (s.d.). <i>Pr&eacute;sentation et actions</i>.</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Cohen, J. L., &amp; Arato, A. (1992). <i>Civil society and political theory</i>. MIT Press.</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Cour des comptes. (2020). <i>Le soutien public aux associations : un cadre &agrave; renouveler</i>.</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Cunill Grau, N. (2006). <i>Repensar lo p&uacute;blico a trav&eacute;s de la sociedad</i>. Centro Latinoamericano de Administraci&oacute;n para el Desarrollo (CLAD).</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">D&eacute;fenseur des droits. (2022). <i>Avis sur les atteintes aux libert&eacute;s associatives</i> (n&deg; 22-01).</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Gonz&aacute;lez Ulloa, P. A. (2024). <i>Las Organizaciones de la Sociedad Civil en M&eacute;xico y su reconocimiento legal</i>. UNAM / Gedisa.</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Gramsci, A. (1996). <i>Cahiers de prison</i>. Paris : Gallimard.</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">HCVA. (2014). <i>Charte des engagements r&eacute;ciproques entre l&rsquo;&Eacute;tat, les collectivit&eacute;s territoriales et les associations</i>.</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Hegel, G. W. F. (1991). <i>Principes de la philosophie du droit</i>. Paris : Vrin.</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Keane, J. (1998). <i>Civil society: Old images, new visions</i>. Stanford University Press.</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Planning Familial. (s.d.). <i>Notre histoire</i>.</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif">Salamon, L. M., &amp; Anheier, H. K. (1997). <i>Defining the nonprofit sector: A cross-national analysis</i>. Manchester University Press.</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px">&nbsp;</p> <div style="margin-bottom:11px"> <hr align="left" size="1" width="33%" /></div> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif"><a name="_ftn1"></a><a href="#_ftnref1" style="color:#0563c1; text-decoration:underline"><sup>[1]</sup></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &laquo; El punto b&aacute;sico es que una organizaci&oacute;n es un conjunto de personas agrupadas por un fin com&uacute;n. &raquo; (p. 18) </span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif"><a name="_ftn2"></a><a href="#_ftnref2" style="color:#0563c1; text-decoration:underline"><sup>[2]</sup></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cohen et Arato&nbsp;: &laquo; aquel espacio m&aacute;s all&aacute; del mercado y del gobierno, que implica tambi&eacute;n participaci&oacute;n e involucramiento en el espacio p&uacute;blico. &raquo; (p. 19) </span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif"><a name="_ftn3"></a><a href="#_ftnref3" style="color:#0563c1; text-decoration:underline"><sup>[3]</sup></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Guerrilleros&nbsp;: Combattant faisant partie d&#39;une troupe se livrant &agrave; la gu&eacute;rilla. </span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px"><span style="font-size:12pt"><span style="line-height:115%"><span style="font-family:Calibri, sans-serif"><a name="_ftn4"></a><a href="#_ftnref4" style="color:#0563c1; text-decoration:underline"><sup>[4]</sup></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; LFFAROSC : Loi f&eacute;d&eacute;rale de fomento aux activit&eacute;s des OSC.</span></span></span></p> <p style="margin-bottom:11px">&nbsp;</p>

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