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Par Florian Lombardo, doctorant en sociologie, Université Paul-Valéry, Montpellier 3

 

La sociologie est une discipline académique qui possède la spécificité de ne pas avoir de discours hégémonique. Là où la plupart des disciplines universitaires fonctionnent sur le modèle d’une voie principale se spécialisant par la suite, la sociologie est constituée d’une multitude de manières de faire qui n’ont parfois rien en commun. Cette pluralité s’observe dès les premiers balbutiements de la discipline : la sociologie d’Émile Durkheim[1] n’a rien à voir avec celle de Max Weber[2], cependant les deux sont incontestablement des sociologues. La sociologie n’est pas une dénomination suffisante pour présenter un cadre académique, il est important de préciser de quelle sociologie il s’agit, lorsque nous souhaitons en parler. Cette pluralité rend la discipline complexe à aborder mais elle constitue aussi sa richesse. Une grande diversité d’approches va de pair avec une multitude d’observations et d’interprétations qui permettent à des objets d’études complexes d’être envisagés de part plusieurs de leurs aspects.

L’Histoire nous montre que, dans la plupart des cas, la différence justifie la lutte. La sociologie ne fait pas défaut. Elle est marquée par des nombreuses batailles intellectuelles depuis ses origines. Celles-ci sont parfois menées avec honnêteté et deviennent des controverses fécondes, mais lorsque les perspectives sont trop éloignées les unes des autres, il devient laborieux de parler la même langue. Les conflits prennent alors une autre tournure et il apparaît un discours stérile ou chacun montre à l’autre sa suprématie d’après ses propres règles. Si avec Peter Berger et Thomas Luckmann c’est « celui qui a le plus gros bâton qui a le plus de chance d’imposer ses définitions de la réalité »[3], un minimum de savoir-vivre évite à ces confrontations de devenir physiques. Il en résulte une stagnation malsaine et défavorable à la transdisciplinarité. La sociologie apparaît marquée par des conflits internes, à tel point que ceci pourrait en être un élément de définition.

CONSTRUCTIVISME SOCIAL ET SOCIOLOGIE

Parmi toutes ces perspectives, il en est une qui retient notre attention, à la fois vielle de plusieurs décennies et toujours enveloppée d’un certain voile mystique. L’approche constructiviste a porté ses fruits en mathématiques ou en psychologie développementale, mais semble avoir du mal à faire ses classes en sociologie. Son avènement dans la discipline peut être daté à la publication de La construction sociale de la réalité de Berger et Luckmann en 1966[4]. Ceux-ci proposent une théorisation typifiée de la société répondant à la question : Comment la société est-elle possible ? Dans ce but, ils s’inscrivent dans l’héritage d’Émile Durkheim et d’Alfred Schütz – lui-même étant au croisement de la phénoménologie de Husserl et la sociologie de Max Weber – pour proposer une approche originale mêlant objectivisme et subjectivisme. Ces notions sont à comprendre dans l’héritage du philosophe Emmanuel Kant et ne désignent pas respectivement une réalité aussi immuable qu’un objet et un point de vue personnel indigne d’intérêt mais deux modes d’accès à la réalité. Celle-ci est dépendante de la pression effectuée par le groupe sur l’individu mais celui-ci n’est pas sans arme face à cette dernière et son point de vue personnel est pris en considération dans la perspective de Berger et Luckmann.

Cette approche est séduisante et plusieurs sociologues tentent de l’approfondir. Cependant, l’ouvrage initiateur propose une théorie de la société et « non une méthodologie sociologique » [5]. Il en résulte qu’une unité n’est pas aisément observable entre les travaux des sociologues qui se revendiquent constructivistes. Cette sensation d’éparpillement est accentuée par une tendance à attribuer le même qualificatif à des sociologues qui n’en ont pas l’ambition. Ainsi, parmi les travaux de présentation du constructivisme, même les plus bienveillants échouent à saisir et présenter une unité constructiviste qui permettrait d’envisager une définition. Ceci a pour conséquence d’empêcher l’élaboration d’une controverse saine puisque les bases sur lesquelles repose la discussion sont instables.

Est-ce pour autant que le constructivisme social en sociologie doive être considéré comme un courant fantaisiste de peu d’intérêt ? Pour répondre à cette question, il est avant tout important de se poser la question de ce qu’est le constructivisme. Il n’existe pas de définition claire à ce jour. Nous pouvons cependant remarquer qu’une approche constructiviste place au centre de sa réflexion un processus par lequel une chose est construite par une autre. En psychologie, par exemple, le constructivisme de Jean Piaget place au cœur de la réflexion la construction de la connaissance effectuée par l’enfant tout au long de son développement[6]. Ceci l’amène à envisager l’apprentissage autrement et la perspective didactique du psychologue suisse est à l’origine de nombreuses pratiques pédagogiques actuelles. Cette même approche est à l’origine de l’apparition du street-art en Russie à la fin des années 1920[7] et permet au courant mathématique intuitionniste de proposer une Logique originale dans les années 1930[8].

Les premières pierres d’un constructivisme social en sociologie ont été posées aux alentours de 1966. Bien que peu exploité depuis, il semble pertinent de reprendre l’étude de ce dernier là où elle avait été laissée. Qu’est-ce que le constructivisme social ? Comment se manifeste-il en sociologie ?

Dans la mesure où une étude exhaustive de tous les travaux « constructivistes » actuels dans le but d’en dégager des points communs a déjà été réalisée par Razmig Keucheyan et que celui-ci conclut qu’il n’existe pas d’unité constructiviste[9], il ne semble pas pertinent de suivre la même voie. Nous préférerons une étude généalogique des divers courants intellectuels qui ont mené à la rédaction de La construction sociale de la réalité. Ce travail de reconstitution d’influence permettra la mise en exergue de quelques fonctionnements constructivistes en sociologies.

ORIGINES INTELLECTUELLES DU CONSTRUCTIVISME

Comme pour beaucoup des perspectives actuelles en sciences sociales, la philosophie d’Emmanuel Kant peut – à bien des égards – être considérée comme le point de départ de la généalogie du constructivisme social. Le philosophe n’est pas cité par Berger et Luckmann mais le vocabulaire qu’ils emploient ne se dote de sens qu’à la lumière des concepts kantiens. De même, Alexei Gan, artiste constructiviste russe, avait suivi un cours sur le philosophe allemand et en a retenu les mêmes aspects[10].

De l’importante œuvre du philosophe, c’est une partie de la critique de la raison pure intitulée « de la déduction des concepts purs de l’entendement » qui attire notre attention[11]. La connaissance y est présentée comme résultant de la mise en communication intentionnelle du monde du sensible et de celui de l’entendement. Ce faisant, le philosophe propose une étude sur la manière dont le savoir lui-même peut être acquis et légitime la place du sujet pensant dans ce processus, puisqu’il est à l’origine de l’initiative menant à la connaissance.

Cette place du sujet dans le rapport au savoir est rendue centrale dans la perspective phénoménologique. Edmund Husserl est un représentant important de cette approche et la filiation avec Kant est explicite puisqu’il fait partie des rares philosophes mentionnés par Husserl[12]. Pour ce dernier chaque chose possède une essence et le but de la Science est de l’atteindre. Cependant celle-ci ne se laisse pas attraper facilement et les techniques des sciences traditionnelles ne sont pas aptes à saisir la subtilité de l’essence. Le temps de mettre en place un appareillage conceptuel, ou concret, rigoureux que la voilà déjà modifiée, déplacée et envolée. La solution réside dans l’attitude même du philosophe qui peut la saisir directement s’il la cherche correctement. Il est important d’ôter à la chose tout ce qui ne ressort pas d’elle-même pour que seule l’essence subsiste. Ce regard particulier résulte d’un effort intentionnel effectué par l’humain et Husserl le nomme réduction phénoménologique (ou épochè transcendantale)[13]. Elle est complétée par Heidegger qui lui donne deux étapes supplémentaires : la destruction et la construction phénoménologique. Il en découle une philosophie où c’est l’Homme en tant que tel qui peut accéder aux « choses mêmes » [14].

La philosophie phénoménologique est mise en relation avec la sociologie sous la plume du sociologue new-yorkais Alfred Schütz. Ses travaux sont directement inspirés de ceux de Husserl dont il reçoit la reconnaissance[15]. Il a pour ambition d’étudier la vie quotidienne dans une perspective inter-subjective à la lumière de la phénoménologie et de la sociologie de Max Weber. La réalité apparaît comme étant constituée de plusieurs mondes qui obéissent à des règles différentes et dans lesquels les humains vont et viennent. Parmi ceux-ci, le monde de la vie quotidienne est celui dans lequel chacun passe la plupart de son temps et il est étudié par le sociologue lorsqu’il se situe dans le monde scientifique[16]. Pour en expliquer les fonctionnements Schütz transpose du monde scientifique au Lebenswelt[17] deux concepts phares. La réduction phénoménologique s’oppose désormais à la réduction de l’attitude naturelle[18] qui caractérise l’aptitude de l’homme du quotidien à prendre pour acquis (take for granted) tout ce qui rendrait sa vie impossible : il n’est pas nécessaire de questionner la solidité du sol pendant des heures avant de marcher dessus. L’idéal-type de Weber[19] est lui aussi réemployé et désigne désormais la projection que réalise chacun de ce qu’il ignore de l’autre pour communiquer avec lui.

Berger et Luckmann sont deux élèves, puis amis, de Schütz. Ils lui empruntent sa conception intersubjective de la vie quotidienne et la mettent en relation avec la perspective durkheimienne de la sociologie pour créer en 1966 le constructivisme sociologique. Dans La construction sociale de la réalité ils présentent les processus qui rendent l’existence de la société possible. Ceux-ci s’organisent en deux grandes parties. L’institutionnalisation et la légitimation placent le groupe en avant tandis que c’est l’individu qui est mis au cœur de la réflexion lorsque la société est appréhendée comme ayant une réalité subjective. C’est alors les différents processus de sociabilisation et les impacts que peuvent avoir l’individu sur le groupe qui sont mis en exergue[20].

CRITIQUES ADRESSÉES AU CONTRUCTIVISME

Les perspectives de Berger et Luckmann sont perçues comme prometteuses dans un premier temps. Elle se présente comme un dépassement de plusieurs des conflits qui marquent la sociologie depuis son apparition. Il n’est plus question de privilégier l’individu ou le groupe au détriment de l’un ou l’autre, la pression effectuée par le premier peut être envisagée conjointement à l’action que peut avoir le second. Il n’est par conséquent pas nécessaire de faire un choix entre quantitatif et qualitatif ou entre explicatif et compréhensif. Chaque outil est adapté à une appréhension du social à partir du moment où il est énoncé que l’individu participe avec ses pairs à un projet plus vaste dans lequel la réalité perçue par chacun est sans cesse modifiée par tous.

Pour certains, les promesses du constructivisme ne sont pas respectées. En ce sens, Philippe De Lara n’hésite pas à qualifier le constructivisme social de « mirage sociologique » [21]. Il est reproché à cette perspective de reposer sur un relativisme radical qui, appuyée par une rhétorique agréable, laisserait au final le lecteur dans « le sentiment de n’avoir guère gagné ni en connaissance ni en compréhension ni en incitation véritable à la réflexion » [22]. Le constructivisme social partagerait alors avec les travaux de Schütz une limite énoncée en ces mots par Frédéric Tellier : « Cette pensée n’a jamais tort, elle ne peut avoir tort. Partout elle s’en remet à cette évidence tautologique que les choses sont ce qu’elles sont parce que des modalités chaque fois différentes nous le font apparaître ainsi » [23]. Il n’est pas évident de répondre à ces critiques et la raison principale en est qu’elles ne s’adressent pas au livre de Berger et Luckmann, mais au constructivisme en général. Or, nous avons eu l’occasion de mentionner que si un élément de définition peut être apporté à ce dernier, il s’agit bien de son manque d’unité.

Le manque d’unité de l’approche constructiviste en sociologie, ainsi qu’un fond commun à l’ensemble des critiques est expliqué par l’épistémologue de la sociologie Alain Bouvier. Il annonce que le constructivisme souffre de reposer sur un « intermédiaire théorique pauvre » [24]. C’est-à-dire que le mouvement repose sur ce que l’on pourrait appeler une théorie descriptive (qui décrit les conditions d’existence de la société) plutôt que sur une théorie épistémologique (qui précise le contexte ontologique et épistémologique) ou opératoire (qui livre une marche à suivre ou des méthodes)[25]. En effet, Berger et Luckmann n’ont aucune ambition méthodologique et le précisent au début de leur ouvrage[26]. Une sociologie n’a aucunement besoin d’être dotée d’un tel appareillage conceptuel pour être intéressante mais c’est celui-ci qui garantit à un mouvement son unité. Dans la mesure où un tel mouvement, bien que disparate, semble apparaître autour du constructivisme, il est légitime d’en chercher les postulats ontologiques et épistémologiques.

ÉLÉMENTS DE DÉFINITIONS

Il apparaît que l’approche constructiviste se positionne dans un relativisme radical. Celui-ci lui donne une grande liberté d’action – puisque le monde scientifique est par exemple saisissable de la même manière que le Lebenswelt – mais fixe aussi à la perspective ses limites : en sociologie c’est le groupe qui est envisagé et la réalité dont il est question est celle qui est perçue par chacun des membres de l’ensemble. Ce relativisme dote la perspective constructiviste d’un accès à la transdisciplinarité dans la mesure où il est possible de prendre en considération des informations étrangères dans leur contexte et de les reformuler.

Ces éléments de définition, bien qu’intéressants, restent superficiels. Le problème se pose au niveau le plus profond : quelles sont l’ontologie et l’épistémologie du constructivisme ? Pour Razmig Keucheyan, « le constructivisme se caractérise par une confusion systématique de l’épistémologie et de l’ontologie » [27] et de ceci découlerait son imposture. L’étude généalogique du courant ainsi que celle du livre de Berger et Luckmann nous invite à reconsidérer cette affirmation. L’ontologie – qui livre la plus petite unité de sens – est, dans la perspective constructiviste, le processus par lequel tous et chacun modifient continuellement la réalité perçue par chacun et tous. L’épistémologie – qui livre la marche à suivre de l’étude – désigne le processus par lequel le sociologue va lui-même participer d’une création de la réalité. Celle-ci est d’une part volontaire et s’effectue dans le monde scientifique, et d’autre part involontaire de par la simple présence dans le monde de la vie quotidienne du sociologue.

Il apparaît alors – et il s’agit d’un point fort de nos recherches – que l’épistémologie et l’ontologie constructiviste sont effectivement proches : elles désignent toutes les deux un processus de création de la réalité. Cependant chacune s’exprime à sa manière, légitimant l’emploi de deux notions différentes. Il n’y a pas de confusion entre les deux concepts, mais leur proximité, et le fait qu’ils désignent chacun un processus plutôt qu’un aspect gravé dans le marbre – comme c’est par exemple le cas dans la perspective naturaliste – n’est pas évident à envisager et explique pourquoi certains n’hésitent pas à confondre complexité et confusion.

Ces remarques épistémologiques dotent le constructivisme de bases souples et robustes qui suffisent à garantir une unité tout en laissant le choix de la méthode. De plus, celle-ci est élaborée sur la base d’un processus de même ordre que celui étudié, ce qui rend possible l’appréhension de l’objet d’étude sans pour autant le forcer à rentrer dans le moule d’une méthode atemporelle : celle-ci est tout aussi mouvante que ce qu’elle étudie et s’adapte par conséquent à ses contours. Le constructivisme se situe en ce sens dans un dépassement du débat qui opposait Émile Durkheim et Jules Monnerot. Alors que pour le premier, la méthode est la seule garantie d’objectivité et d’unité scientifique, pour le second elle force le fruit de l’étude à rentrer dans un cadre qui ne lui convient pas nécessairement[28].

RÉFLÉXION CONSTRUCTIVISTE

Il apparaît pertinent d’essayer de rapprocher la théorisation épistémologique dont il vient d’être question d’une application empirique. La première étape de tout travail sociologique consiste à recueillir des informations, effectuer ce que l’on appelle un travail d’archive. Dans la perspective constructiviste telle qu’elle est ici envisagée, la description contextualisée joue ce rôle.

Nous avons passé en revue un certain nombre de régions typifiées afin de les reformuler dans notre perspective. Nous empruntons la notion de typification à Weber puis à Schütz et celle de région à Goffman pour qui la notion désigne un « espace limité à un certain degré par des barrières à la perception » [29]. Par exemple, la foule apparaît comme un regroupement humain particulier dont le fonctionnement repose plus sur le symbolisme que la raison et au sein duquel la réalité peut être très rapidement amenée à changer pour une courte période : celui qui brûle des voitures au cours d’une émeute ne le fera pas le lendemain lorsqu’il sera seul dans la rue. Afin d’éviter d’alourdir cette présentation nous nous contenterons de cet exemple pour passer directement aux conclusions de l’étude. Cette reformulation nous permet de relever un nombre réduit de paramètres ayant un rôle important dans le processus de création sociale de la réalité. Il s’agit là du second point phare de nos recherches. Cinq critères apparaissent suffisants pour envisager la force avec laquelle la réalité est modifiée au cours – ou à la suite – d’un événement.

Les deux premiers paramètres qui permettent d’envisager la force avec laquelle la réalité varie sont le temps et l’espace qui cadrent la recherche. Chacune de ces notions doit être comprise de deux manières, le temps livre le moment et la durée, et l’espace, le lieu et la superficie. Les deux caractéristiques suivantes sont la quantité et la qualité, ou le nombre et l’intensité : pour qu’une chose soit réelle, il faut que l’on soit nombreux à y croire et que nous y croyons fort. Cependant la perspective constructiviste ne positionne pas le sociologue à l’extérieur de son objet d’étude et refuse systématiquement tout essentialisme. Ce sont donc le nombre et l’intensité perçus qui présentent un intérêt. Le dernier critère est celui de la force de démonstration ostentatoire : pour qu’une chose apparaisse réelle à mes yeux, il me faut avoir l’impression que je ne suis pas le seul à y croire intensément. Dans cette perspective, la « société » étudiée est la somme de ces individus qui construisent leur réalité en fonction de ce qu’ils perçoivent tout en extériorisant un comportement adapté à celui qui leur semble correct.

Ces facteurs minimaux de créations de réalité laissent envisager une appréhension constructiviste conceptuellement systématique en accord avec les points de théorisation épistémologique précédemment énoncés. En ce sens, ils constituent une théorie opératoire qui permettrait une appréhension constructiviste du réel.

En adoptant une stratégie historiciste plutôt que synchronique, nous avons été en mesure de proposer des éléments de définitions à l’approche constructiviste en sociologie. Avant d’être acceptés sans méfiance il est encore nécessaire de les tester, de les employer pour explorer des réalités sociales variées et mettre en exergue leur pertinence, ou absence d’intérêt. Les avancées majeures qu’a permis une perspective constructiviste unifiée dans d’autres domaines intellectuels laisse envisager que de nombreuses observations pertinentes pourraient être réalisées en sociologies si le courant arrivait à se doter d’une réflexivité épistémologique.

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[1] DURKHEIM É., Les Règles de la méthode sociologique, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2004 (1895).

[2] WEBER M., Économie et société I. Les Catégories de la sociologie, Paris, Plon Pocket, coll. « Agora », 1995 (1956).

[3] BERGER P., LUCKMANN T., The Social construction of reality. A treatise in the sociology of knowledge, New York, Anchor Books, 1967 (1966), p. 109.

[4] Ibidem.

[5] Idem., p. 14.

[6] Voir PIAGET J. et INHELDER B., La psychologie de l’enfant, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1982 (1966).

[7] KEUCHEYAN R., Le constructivisme. Des origines à nos jours, Paris, Herman, coll. « société et pensée », 2007, p. 20.

[8] Idem, p. 14.

[9] Idem, p. 86.

[10] Il est l’auteur d’un livre intitulé Konstruktivizm publié en 1923 dans lequel il théorise le courant artistique russe. Nous n’avons pas réussi à le trouver. Il est mentionné, ainsi que l’anecdote biographique, dans Keucheyan R., Le constructivisme, Op. Cit., p. 20.

[11] KANT E., « De La Déduction des concepts purs de l’entendement », in Critique de la raison pure, Paris, Flammarion, coll. « GF », 2006 (1781/1787), pp. 169-197.

[12] Voir HUSSERL E., Idées directives pour une phénoménologie, Paris, Gallimard, coll. « tel », 1995 (1913).

[13] Idem, p. 109. Husserl précise que, d’un point de vue épistémologique, il serait plus précis de parler de « réduction transcendantale ».

[14] HEIDEGGER M., Être et temps, Paris, Gallimard, coll. « Nrf », 1986 (1927), p. 54.

[15] Voir la lettre en date du 3 mai 1932 de Husserl E. à Schütz A., citée dans Schütz A., Essais sur le monde ordinaire, Paris, Le Félin Poche, 2010 (2007), p. 10.

[16] SCHÜTZ A., « Sur les réalités multiples », in Le chercheur et le quotidien, Paris, Klincksieck, 2008 (1971), pp. 103-167.

[17] Terme emprunté à Husserl par Schütz pour désigner le monde de la vie quotidienne. Voir Schütz Alfred, « Quelques structures du monde-de-la-vie », in Essais sur le monde ordinaire, Op. Cit., p. 113.

[18] Idem, p. 127.

[19] WEBER M., Essais sur la théorie de la science, Paris, Pocket, coll. « Agora », 1992 (1965), p. 181.

[20] BERGER L., LUCKMANN T., The Social construction of reality. A Treatise in the sociology of knowledge, Op. Cit.

[21] LARA (DE) P., « Un mirage sociologique : la construction sociale de la réalité », in Le Débat, Gallimard, Paris, n° 97, novembre - décembre 1997, pp. 114-129.

[22] BOUVIER A., Philosophie des sciences sociales, Paris, PUF, coll. « interrogations philosophiques », 1999, p. 14.

[23] TELLIER F., Alfred Schutz et le projet d’une sociologie phénoménologique, Paris, PUF, coll. « Philosophies », 2003, p. 105.

[24] BOUVIER A., Philosophie des sciences sociales, Op. Cit., p. 15.

[25] Cette typologie des théories n’est pas empruntée à l’ouvrage d’Alain Bouvier mais relève d’une réflexion personnelle sur la question.

[26] BERGER L., LUCKMANN T., The social construction of reality. A treatise in the sociology of knowledge, Op. Cit., p. 14 : « Our enterprise is one of sociological theory, not of the methodology of sociology » [Notre projet est de l’ordre de la théorie sociologique, non de la méthode en sociologie].

[27] KEUCHEYAN R., Le constructivisme. Des origines à nos jours, Op. Cit., p. 102.

[28] MONNEROT J., Les Faits sociaux ne sont pas des choses, Paris, Nrf-Gallimard, coll. « Les essais XIX », 1946, p. 64.

[29] GOFFMAN E., The Prensentation of self in everyday life, New Jersey, Penguin Books, coll. « Penguin Psychology », 1996 (1959), p. 109 : « A region may be defined as any place that is bounded to some degree by barriers to perception ».